Le rapport à l’argent : une histoire d’amour… compliquée

« Mon pauvre argent ! Mon pauvre argent ! Mon cher ami ! On m’a privé de toi »

Pour équilibrer vie privée et vie professionnelle, passions et obligations, il est crucial de déterminer votre « seuil de satisfaction » monétaire. Autrement dit, définir ce qui est « assez » en termes d’argent. L’important : gardez à l’esprit que l’argent n’est qu’un objectif, pas un score qui évolue votre réussite dans la vie. Rappelez-vous : le luxe, c’est le temps, alors définissez votre rapport à l’argent.

« Ceux qui ont de l’argent ne sont pas riches. Ceux qui ont du temps le sont. » – Anatole France

Les premières illusions

L’argent, ah l’argent ! On nous en parle dès notre plus jeune âge, comme le saint Graal, la clef de tout bonheur terrestre, la promesse de la liberté. Souvenez-vous de votre premier contact avec l’argent. Ce petit billet glissé dans votre main après avoir aidé un voisin, ou peut-être la tirelire que vous aviez précieusement remplie. À l’époque, l’argent n’était pas source de stress, mais plutôt d’excitation : une source infinie de possibilités, comme acheter des bonbons ou cette figurine que vous convoitiez tant.
Puis, il y a eu votre premier salaire. Le frisson d’avoir de l’argent « à vous », gagné par la sueur de votre front (ou du moins, par la patience de supporter un job d’été). Ce doux sentiment de pouvoir ! C’était sans compter la réalité qui vous a vite rattrapé : loyer, factures, et toutes ces dépenses invisibles qui ont soudainement englouti vos rêves d’achat compulsif. L’argent a vite cessé d’être un jeu. Il est devenu sérieux. Trop sérieux.
Dans notre monde capitaliste, l’argent est un mal nécessaire, une sorte de carburant indispensable à la machine qu’est notre quotidien. Mais voilà le hic : combien de temps peut-on continuer à courir après ce précieux liquide sans perdre de vue ce qui nous importe vraiment, nos passions et nos rêves ?
L’argent, c’est un équilibre délicat. Gagner sa vie, d’accord, mais encore faut-il pouvoir la vivre cette fameuse « vie ». Nous sommes tous quelque part coincés entre l’obligation de subvenir à nos besoins et celle de profiter pleinement de nos passions. Il est souvent bien difficile de tracer une ligne nette entre ces deux univers, comme si notre compte en banque avait son mot à dire sur notre bonheur. C’est le fameux dilemme de la vie privée contre la vie professionnelle, avec l’argent en arbitre.

L’argent, ce mal nécessaire

Dans la société moderne, on est rapidement confronté à l’idée que gagner de l’argent est une priorité absolue. De l’achat de notre premier café jusqu’au remboursement de la maison, tout, absolument tout, est conditionné par notre rapport à l’argent. Mais ce système économique qui nous régit peut aussi engendrer une forme d’asservissement. Car oui, la quête du billet vert, ou du billet bleu, peu importe la couleur, peut nous éloigner de notre raison d’être. Certains d’entre nous passent leur vie à faire des choses qu’ils n’aiment pas, simplement parce qu’elles paient les factures. Et franchement, passer 40 heures par semaine à rêver des vendredis, c’est tout sauf épanouissant .
Alors, pourquoi faisons-nous ces sacrifices ? Bien sûr, il y a les besoins élémentaires : manger, se loger, s’habiller, et puis, un peu plus loin sur la liste, il y a les extras : Netflix, la dernière technologie à la mode, ce petit weekend improvisé et même pour rêver (parce que, soyons honnêtes, la méditation et les retraites spirituelles, ça coûte). Mais voilà, plus notre désir de confort augmente, plus nous nous retrouvons prisonniers de ce cercle vicieux : travailler pour subvenir à ces besoins, puis travailler encore plus pour combler ces désirs qui ne cessent d’augmenter.
Le problème avec l’argent, c’est que plus on en a, plus on en veut. Ce n’est jamais assez. Vous pensiez que votre dernière augmentation allait résoudre tous vos problèmes ? Raté. Parce qu’entre-temps, votre niveau de vie s’est aussi ajusté. Très vite, le capitalisme nous enseigne que plus vous en avez, mieux c’est. L’argent devient une sorte de carte de score de votre succès dans la vie. « Montre-moi ton compte en banque, je te dirai qui tu es. » Sympa comme concept, non ? L’argent n’a jamais réellement été le problème, c’est plutôt la course effrénée qu’il impose.

Le piège du « toujours plus »

Dans notre quête pour « réussir », l’argent finit par devenir l’obsession. Il y a cette étrange illusion que « plus » signifie « mieux ». C’est un peu comme une course sans fin : vous pensez que si vous gagnez un peu plus, tout ira bien. Que vous aurez enfin assez pour vous offrir cette liberté tant rêvée. Mais non. Parce qu’au fur et à mesure que vos revenus augmentent, vos dépenses suivent.
C’est un jeu cruel que l’argent adore jouer. Vous avez augmenté votre salaire, mais soudainement, vous avez aussi des goûts plus chers. L’ancien modèle de voiture ne suffit plus, il vous faut le nouveau. Et cette maison ? Un peu plus grande serait plus agréable. L’argent devient une cage dorée. Vous travaillez plus pour gagner plus, mais au bout du compte, vous êtes toujours au même point : à courir après quelque chose que vous ne rattraperez jamais.

La quête de l’harmonie : trouver un juste milieu

Si l’on veut concilier vie privée et vie professionnelle, la clé réside dans la capacité à définir ce qu’est véritablement « assez » . Et c’est là que ça devient intéressant, car chacun a son propre seuil de satisfaction . Pour certains, il s’agit d’un toit sur la tête et de quoi remplir le frigo. Pour d’autres, l’épanouissement passe par des voyages exotiques ou la dernière voiture électrique dernier cri. Mais au final, le véritable luxe, c’est peut-être tout simplement d’avoir le temps.
Avoir du temps pour se consacrer à ses passions, à ses proches, à ce qui donne du sens à notre existence. Là est le véritable équilibre à trouver : travailler suffisamment pour assurer ses besoins matériels tout en préservant du temps pour soi, pour les autres, pour ce qui nous fait vibrer. Mais, bien sûr, ce n’est pas aussi simple.
Prenons un exemple typique. Vous avez décroché un bon boulot, le genre qui paie bien mais qui vous laisse peu de temps pour souffler. Le soir, vous êtes exténué, et le week-end, vous êtes occupé à rattraper le sommeil perdu. Pas vraiment le temps pour cette passion que vous avez mise de côté depuis trop longtemps. Et pourtant, vous persistez, car ce salaire est confortable, et surtout, il est nécessaire.
À l’inverse, vous pourriez opter pour un job qui paie moins bien mais qui vous permettrait d’avoir plus de temps pour vos loisirs. Tentant, non ? Mais est-ce réaliste ? Les factures, elles, ne prennent jamais de congé. Alors, vous finissez par rester coincé dans cette spirale, où l’argent dicte vos choix, et où vos rêves se transforment en vague souvenir d’une vie que vous auriez voulu vivre.

Le sacrifice des missions de vie

Quand l’argent devient l’alpha et l’oméga de notre quotidien, il a cette capacité subtile à faire passer nos rêves au second plan. Des rêves que l’on repousse, au nom d’une carrière, d’un emploi stable, d’une sécurité financière qui, en réalité, ne nous rassure jamais vraiment. On finit par s’éloigner de ce qui fait sens dans notre vie. Combien de fois avez-vous entendu quelqu’un dire « Je le ferai plus tard » en parlant de son rêve de lancer un projet ou de s’engager dans une cause ? Et ce « plus tard » devient souvent un mirage que l’on n’atteint jamais.
L’argent a ce pouvoir de transformer nos missions de vie en une option, quelque chose à quoi l’on s’adonnera quand on aura un peu de « marge ». Mais la réalité est que la marge n’arrive jamais, ou alors trop tard. Le piège de l’argent est là : nous occuper suffisamment pour nous faire oublier pourquoi nous avons commencé à travailler en premier lieu.

L’harmonie par le travail épanouissant

Et si, au lieu de séparer vie professionnelle et personnelle, nous trouvions un travail qui nous permette de concilier les deux ? Utopie ? Peut-être pas tant que ça. Imaginez un instant que vous puissiez vivre de ce que vous aimez, que vos passions deviennent une source de revenu. Certains y arrivent, et ceux-là ont trouvé un équilibre que beaucoup envient. Ils ne travaillent pas parce qu’ils doivent, mais parce qu’ils aiment ce qu’ils font.
Bien sûr, cela demande des sacrifices au départ. Souvent, cela implique de gagner moins au début, de jongler entre plusieurs activités. Mais à long terme, les personnes qui parviennent à aligner leurs valeurs personnelles avec leur profession atteignent un degré de satisfaction bien plus élevé. Et puis, il y a aussi l’autre facteur déterminant : le sens. Ce que nous faisons doit faire sens pour nous . Si chaque heure de travail contribue à un projet ou une cause qui nous importe, l’argent devient secondaire, un bonus qui vient récompenser une activité qui en elle-même est déjà gratifiante.

Changer notre rapport à l’argent

Au fond, l’argent n’est qu’un outil, un moyen de faciliter nos vies, pas une finalité. Certes, il est nécessaire pour vivre, mais il ne doit jamais être l’objectif ultime. Ce qui compte, c’est comment nous l’utilisons pour atteindre ce qui nous importe réellement. Travailler pour vivre, oui, mais ne jamais oublier de vivre, tout simplement.
L’équilibre entre vie privée et vie professionnelle réside dans notre capacité à repenser notre rapport à l’argent. Et si, au lieu de chercher à en accumuler toujours plus, nous apprenions à vivre mieux, à trouver un juste milieu où l’argent sert nos intérêts sans pour autant nous contrôler ?
En changeant notre rapport à l’argent, en arrêtant de courir après ce qui est superflu et en nous concentrant sur l’essentiel, nous pouvons espérer trouver cet équilibre si fragile entre travail et passions, entre vie professionnelle et vie privée. Après tout, comme le disait l’écrivain américain Henry David Thoreau, « La richesse d’un homme se mesure au nombre de choses dont il peut se passer. » Peut-être que l’art de gagner de l’argent, c’est surtout l’art de savoir quand s’arrêter.

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